Frank et Stanimira RAFASCHIERI nous présentent le mobilier sacré réalisé pour le Coeur de l'église Saint Eucaire de Metz:

Crédit photo STUDIO DESIGN RAFASCHIERINous avons entrepris ce projet avec passion, néanmoins avec beaucoup de prudence par crainte de ne pas aller à l’encontre des Ecritures Saintes. Notre démarche est une intention, au mieux une espérance de réunir matière et spiritualité dans une expression plastique, donner corps et âme à une œuvre liturgique représentative de notre temps.
Nous nous sommes inspirés des motifs apocalyptiques, des passages révélateurs et symboliques du Nouveau Testament. L’étude de nombreux textes nous a poussé à chercher au-delà du visible, là où nous nous trouvons seuls, face au mystère de Dieu.

Crédit photo STUDIO DESIGN RAFASCHIERIL’Apocalypse, fil conducteur dans l’élaboration du conceptDepuis deux mille ans, l’Apocalypse est une source continuelle d’inspiration. De nombreuses œuvres d’art représentent la vision du Monde à venir décrite dans le Nouveau Testament.
L’histoire prophétique que l’Ancien Testament contient est proclamée accomplie par le sacrifice du Christ. Le Nouveau Testament est centré sur le retour du Christ qui revient à la fin des temps pour le jugement, pour la vie, pour le salut céleste.
Le Jugement dernier fascine par la force expressive de ses images qui surgissent à chaque lecture du texte. L’Apocalypse s’achève par la vision de la Jérusalem céleste, l’histoire qui avait commencé avec l’expulsion de l’homme du Paradis terrestre fini avec son ascension vers un ciel nouveau et une terre nouvelle. Ceux qui y accèdent peuvent étancher leur soif au fleuve d’eau de la vie et se nourrir à l’arbre de vie.
Dans les tableaux, l’eau vive coule de splendides fontaines au milieu d’un jardin paradisiaque. Il y a un parallèle avec l’arbre de connaissance du Paradis terrestre. Dans la conception du projet, nous avons cherché à représenter l’eau, élément précieux et source de vie, évoquée à plusieurs reprises dans les textes.
La spirale, élément expressif et fondateurLa spirale révèle des pulsions naturelles qui traversent l’homme et l’unissent aux lois de l’univers. C’est une forme dynamique qui s’accroît par sa propre énergie.
La spirale englobe dans sa plénitude, les ondes et les points, elle englobe même l’univers et son principe de croissance : dans quatre dimensions elle s’enroule sur elle-même, se dilatant à l’infinie. Elle exprime la vie, le cosmos et fait partie du mystère de la création et de l’infini.

Crédit photo STUDIO DESIGN RAFASCHIERIChargée de symbolisme, elle apparaît comme élément complémentaire de l’architecture. Elle permet de faire le lien tout en échappant aux plans de coupe. Entre le vertical et l’horizontal, cet archétype se trouve dans les branches des arbres, dans la fuite de l’eau, dans les nuages, dans la puissance dévastatrice des tornades et des cyclones, dans nos muscles vrillés, dans l’ADN humain…
Nous l’avons utilisé comme élément porteur dans la construction du mobilier. Partant sur un plan en deux dimensions par un procédé de torsion, on réalise un volume en trois dimensions qui désigne une spirale, voici le principe constructif et structurel du mobilier. Ce procédé augmente la rigidité des éléments porteurs et donne l’impression d’une chute d’eau vive qui coule à l’infini.
Les torsades du piétement du mobilier désignent dans l’espace un mouvement, une élévation. L’alternance des éléments porteurs et l’aspect du matériau utilisé contribuent dans la recherche de transparence l’intégration de l’ensemble dans le cœur de l’église.
Nous utilisons la force expressive et structurelle de la spirale pour équilibrer les trois pôles de la Célébration : l’Autel, l’Ambon et la Présidence. Elle est présente aussi dans le reste du mobilier de manière cohérente permettant la lecture formelle de l’ensemble et agissant sur la mémoire commune.
L’autel, mystère d’une présenceNous avons pris comme référence la Cène, l’ultime repas que prend Jésus avec ses disciples la veille de la Passion, peinte par Léonard de Vinci et reprise dans l’histoire d’art par beaucoup d’autres peintres, cette très longue table où le Christ est au centre et ses apôtres de chaque côté. Nous avons imaginé l’autel comme une table allongée représentant le Christ nous accueillant les bras ouverts.
La partie émergeant de l’autel s’apparente à une vasque ovoïde, un cercle étiré dans ses deux extrémités. C’est une forme rétractée qui introduit une pulsion, une énergie renfermée en elle-même. On fait allusion à une fontaine d’eau vive. Les fondements de la Cité Sainte, les apôtres de Jésus sont symbolisés par les douze éléments torsadés qui soutiennent la table vasque.
Deux forces expressives s’exercent à la fois : la verticalité des ondes torsadées représente un mouvement en élévation constante qui s’équilibre par l’horizontalité du plan de la vasque pour revenir au calme. Nous avons voulu donner à l’autel une dimension humaine, celle de la largeur des bras étendus mais aussi une certaine discrétion. Ses proportions et son emplacement permettent d’être relié à lui dans une certaine liberté, l’espace s’ouvre à lui-même et invite à se dévouer à autrui. L’autel est l’écart et la proximité, l’infinie distance d’un signe sacré.
L’ambon, lieu de la ParoleL’ambon, conçu dans la même optique formelle que l’autel, s'élève vers le haut. Nous avons utilisé la spirale pour dessiner les vibrations des ondes sonores, pour évoquer la portée et la profondeur de la voix de Dieu qui enseigne la Foi. C’est par ses éléments ondulés et torsadés que nous traduisons l’Alpha et l’Oméga, l’infini.

Crédit photo STUDIO DESIGN RAFASCHIERIIl existe un lien significatif entre l’autel et l’ambon, ses deux pôles, celui de la Célébration Eucharistique et celui de la proclamation de la Parole de Dieu.
L’Apocalypse décrit un "biblion", un rouleau scellé de sept sceaux que seul l’Agneau pourra briser. L’ouverture des sept sceaux attribue au Christ le rôle central.

Crédit photo STUDIO DESIGN RAFASCHIERIFrank et Stanimira RAFASCHIERI pour Ob.